Un 18 sur 21, et pourtant à l'arrêt
Un chef de projet dans une commune termine le plan d'action pour un nouveau système de gestion des dossiers. PlanScore attribue 18 points sur 21 : le périmètre est clairement délimité, le moment go/no-go est fixé, le choix du concept est justifié. Sur le bloc parties prenantes, une case est cochée : "parties prenantes identifiées et rôles attribués". Trois mois plus tard, le projet est à l'arrêt. Le service qui devra mettre en œuvre la nouvelle façon de travailler est bien mentionné dans le plan, mais n'a jamais vraiment été associé aux choix. La case cochée était exacte. Le problème était plus profond.
Ce que PlanScore évalue et n'évalue pas
PlanScore évalue si un plan d'action est prêt à démarrer : sept blocs, vingt et un critères, du périmètre à la stratégie de sortie. Pour les parties prenantes, il vérifie seulement si c'est organisé — existe-t-il une analyse des parties prenantes, les rôles sont-ils attribués, y a-t-il une ligne de communication. Pas à quel point cette gestion des parties prenantes est mature, ni jusqu'où va réellement l'adhésion. C'est exactement ce pour quoi StakeholderScan a été conçu. RisicoRadar fait autre chose encore : il cartographie les risques du projet lui-même, indépendamment de la question de savoir si le plan est procéduralement prêt. Trois instruments, trois questions. PlanScore demande : les fondations sont-elles là ? StakeholderScan demande : la relation avec les parties prenantes est-elle assez mature ? RisicoRadar demande : qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?
Le contenu avant le processus, avec une réserve
Les travaux de Dvir, Raz et Shenhar (2003) montrent que la réussite d'un projet est davantage corrélée à la qualité de la définition des exigences qu'au respect de procédures de gestion de projet formelles. Appliqué au cas ci-dessus : la case cochée sur les parties prenantes aurait pu l'être sans que les exigences du service exécutant n'aient réellement été mises sur la table. Ce n'est pas un blanc-seing pour négliger le processus — d'autres travaux (Serrador & Turner) trouvent aussi des liens positifs entre travail procédural et réussite. La leçon est plus modeste : un champ parties prenantes coché dit quelque chose sur la présence, rien sur le contenu. Pour ce contenu, on mobilise un autre instrument, ou l'on va soi-même vérifier qui est cité comme partie prenante dans le plan.
Trois angles sur un même projet
Il est tentant de vouloir un score unique qui couvre tout. Cela n'existe pas, et ce n'est pas le but. La Banque mondiale a constaté, sur plus de onze cents projets, que 80 % des projets d'une qualité satisfaisante avant le démarrage ont été menés à bien avec succès, contre 25 % en cas de qualité insatisfaisante en amont. Le régime norvégien d'assurance qualité, dans lequel un tiers indépendant examine les grands projets avant leur approbation, a montré quelque chose de comparable pour les quarante premiers projets : environ 80 % sont restés dans le budget. Ces deux chiffres constituent un signal de réussite lié à l'examen préalable en général, pas une garantie par bloc, et pas la preuve qu'un seul instrument couvre tout. Un score PlanScore élevé indique que le plan lui-même est en ordre — périmètre, concept, objectifs, stratégie de sortie. Il ne dit rien de la qualité de l'évaluation des risques ni des relations avec les parties prenantes elles-mêmes.
Après une analyse PlanScore, reparcourez le champ parties prenantes de votre plan en vous demandant s'il s'agit d'une simple case cochée, ou si les personnes qui comptent vraiment ont été réellement associées.